Le fond vert fait partie de ces demandes qui arrivent très tôt dans une conversation de production, souvent avant même qu'on ait parlé du projet. « Est-ce que vous avez un fond vert ? » C'est une bonne question, mais ce n'est pas la bonne première question. Un détourage propre dépend beaucoup moins du fond lui-même que de la façon dont on l'installe, de la distance disponible et de la lumière qu'on peut lui consacrer.
Voici ce qui compte réellement, dans l'ordre.
1. La distance entre le sujet et le fond
C'est le paramètre numéro un, et celui qu'on néglige le plus souvent par manque de place. Si votre sujet est à cinquante centimètres du fond vert, la lumière qui frappe le fond rebondit sur lui : ses épaules, sa nuque et surtout ses cheveux prennent une frange verte. Ce spill est le cauchemar du monteur, parce qu'il faut ensuite choisir entre garder la frange ou manger les cheveux.
Comptez 1,50 m minimum entre le sujet et le fond, 2 m si vous le pouvez. Cette distance permet aussi d'éclairer le fond séparément du sujet, ce qui nous amène au point suivant.
2. Deux éclairages distincts, pas un
Un fond vert mal éclairé est un fond vert inutilisable, même avec le plus beau rouleau du monde. Ce que cherche le logiciel d'incrustation, c'est une surface uniforme : même teinte, même intensité d'un bord à l'autre. Un dégradé entre le centre et les bords, une ombre portée du sujet, un pli dans le papier, et le masque devient irrégulier.
Cela suppose deux jeux de sources indépendants : un pour le fond, réglé pour l'aplatir, et un pour le sujet, réglé pour le sculpter. Et cela suppose de la hauteur : éclairer un fond par le haut sans que la source entre dans le champ demande de monter les projecteurs au-dessus de la ligne de cadre. En dessous de trois mètres sous plafond, c'est acrobatique.
Un petit conseil de plateau : ajoutez une source en contre, derrière le sujet, qui dessine un liseré sur ses épaules et ses cheveux. C'est ce liseré qui vendra l'incrustation, bien plus que la perfection du masque.
3. Cadre serré ou cadre large : la vraie question du cyclo
C'est ici que se décide si vous avez besoin d'un cyclorama ou non, et la réponse est plus souvent « non » qu'on ne le croit.
Un fond vert en rouleau de 3 à 4 m de large couvre parfaitement un buste, un plan taille ou un plan américain, c'est-à-dire la quasi-totalité des interviews, des présentations face caméra, des modules e-learning et des plans produits incrustés. Tant que le sol n'est pas dans le champ et que le sujet ne se déplace pas latéralement sur plusieurs mètres, le rouleau fait le travail.
Le cyclorama trois faces devient nécessaire dans trois cas précis : le sujet est cadré en pied avec le sol visible et vous ne voulez pas d'une ligne de raccord ; le sujet se déplace largement dans le champ ; ou vous avez besoin d'un angle qui disparaît complètement. Ces cas existent, mais ils représentent une minorité des demandes.
La différence de budget n'est pas anodine : les plateaux lyonnais équipés d'un cyclo se situent dans le haut de la fourchette du marché, et facturent souvent la remise à blanc en supplément. Se poser honnêtement la question du cadrage avant de chercher un cyclo peut diviser le coût de la journée.
4. Le vert n'est pas toujours la bonne réponse
Il arrive régulièrement qu'une production demande du fond vert alors que le projet n'en a pas besoin. Trois alternatives valent la peine d'être envisagées.
Le fond uni coloré. Si le but est d'obtenir un arrière-plan propre aux couleurs de la marque, autant le tourner directement dans la bonne couleur. Vous gagnez le temps du détourage et vous gagnez en naturel : la lumière du fond se reflète sur le sujet, ce qu'aucune incrustation ne reproduit vraiment.
Le noir intégral. Pour une interview, un portrait vidéo ou un témoignage, un fond noir profond produit une image plus cinématographique et plus intemporelle qu'un décor incrusté, qui vieillit vite. Il demande en revanche un vrai noir, donc une occultation complète du plateau.
Le flou optique. Un fond réel à quelques mètres, une focale longue, une grande ouverture, et vous obtenez une séparation naturelle qui ne demande aucune post-production.
Le fond vert garde tout son sens quand l'arrière-plan doit être piloté après coup : habillage graphique, décors multiples sur une même session, incrustation d'éléments 3D, charte qui évolue. Dans les autres cas, il ajoute une étape et des contraintes.
5. Ce qui se règle à la caméra, pas au montage
Quelques réflexes de tournage qui font gagner des heures de post : évitez de vêtir le sujet en vert ou en vert-bleuté, et méfiez-vous des matières brillantes qui renvoient la couleur du fond. Enregistrez dans le codec le plus riche dont vous disposez : un échantillonnage 4:2:2 donne un masque nettement plus propre qu'un 4:2:0. Gardez une vitesse d'obturation qui limite le flou de mouvement sur les contours, sans quoi les bords deviennent impossibles à découper proprement. Et faites un essai d'incrustation sur place, avant que l'équipe ne parte : dix minutes de vérification valent mieux qu'une reprogrammation.
Le fond vert chez Greystone Studio
Nous avons deux fonds verts, et ils ne servent pas à la même chose.
Le premier est un rouleau vert sur le système de fonds motorisé, large de 3,55 m, qui partage le rail avec le blanc, le noir, le bleu, le rose et l'orange. Son intérêt est la vitesse : le changement de fond prend quelques secondes, ce qui permet d'alterner dans la même journée une séquence incrustée et une séquence sur fond uni sans rien démonter.
Le second est une toile verte de 6 m de large par 3 m de haut, sur son propre support. Ces six mètres changent la donne sur les cadres larges : un plan en pied, deux ou trois personnes côte à côte, un sujet qui se déplace latéralement. C'est la configuration à demander dès que le rouleau de 3,55 m devient juste.
Les 4,50 m de hauteur sous plafond et le grill motorisé 4×4 m permettent d'accrocher les sources au-dessus du cadre et d'éclairer le fond indépendamment du sujet, ce qui est précisément la condition d'un bon détourage. Les volets occultants motorisés garantissent une lumière constante du matin au soir, sans la dérive qui vient perturber l'uniformité du fond en fin de journée.
Nous n'avons en revanche pas de cyclorama trois faces, et nous préférons le dire d'emblée. La toile de 6 m permet le plan en pied, mais la jonction entre le fond et le sol reste visible : elle se traite au cadrage, au raccord ou en post, pas par la géométrie du lieu. Si votre projet exige un sol vert continu, sans aucune ligne de raccord, un autre plateau sera plus adapté et nous vous le dirons au téléphone plutôt qu'au moment du déchargement.
Greystone Studio est situé à Villeurbanne, à deux minutes à pied du tramway T6 et du bus TB11, et en accès direct depuis le périphérique lyonnais. Pour parler de votre projet et vérifier qu'il correspond au plateau, contactez-nous.
Greystone Studio, studio photo & vidéo à louer à Villeurbanne (Lyon)